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La construction de l’Enceinte de Thiers

1841-1844

La décision

Initiée par Adolphe Thiers (président du Conseil de Louis-Philippe), cette dernière enceinte bastionnée est construite pour protéger la capitale d’éventuelles invasions étrangères.

L’ouvrage colossal

Longue de 33 kilomètres, elle englobe Paris et plusieurs communes limitrophes (comme Belleville, Montmartre ou Bercy).

La structure

Elle se compose d’un rempart en maçonnerie, d’un fossé sec de 15 mètres de large, d’une contre-escarpe et d’un glacis en pente douce (la future « Zone »).

Les accès

Le passage se fait par 52 portes, 17 poternes et des grilles pour les voies ferrées et les fleuves.


La naissance du « Vrai Paris »

1859

 L’annexion

Napoléon III décide d’annexer toutes les communes situées à l’intérieur des Fortifs.

Les 20 arrondissements

C’est la naissance des limites actuelles des 20 arrondissements parisiens. Les fortifications deviennent la frontière officielle et fiscale (octroi) de la ville.


 

Le baptême du feu

1870

Le siège de Paris

Pendant la guerre franco-prussienne, les Fortifs subissent leur unique grand test. Elles permettent à la ville de résister à un blocus de 4 mois face aux armées allemandes.

L’obsolescence immédiate

Les progrès fulgurants de l’artillerie (canons à longue portée) prouvent dès cette date que les remparts de pierre sont devenus inutiles pour protéger une population.


 

Le démantèlement et « La Zone »

1919-1929

La destruction

Une loi décrète le déclassement et la démolition des fortifications, jugées insalubres et inutiles. Les travaux d’arase s’étalent sur dix ans.

La Zone

Le glacis militaire devient un terrain vague où s’installent les populations les plus pauvres, les chiffonniers et les ouvriers. Cet espace de misère et de liberté donne naissance au mot « Zonard ».

Les HBM

À la place des remparts, la ville construit des Habitations à Bon Marché (les immeubles en briques rouges visibles aujourd’hui) et des complexes sportifs.


 

Postérité : L’héritage routier

Le Périphérique

Entre 1956 et 1973, l’emplacement exact du fossé et des remparts des Fortifs est utilisé pour construire le Boulevard Périphérique. Les « Portes de Paris » actuelles (Porte de Maillot, Porte d’Italie) correspondent précisément aux anciennes portes fortifiées.

Les vestiges subsistants

Quelques rares morceaux de remparts sont encore visibles aujourd’hui, notamment dans le parc Kellermann (13e arrondissement) ou près de la Porte de Bercy (12e arrondissement).